Le syndrome du choc toxique en détails

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Le syndrome du choc toxique, qu’est-ce que c’est ? Vous en avez déjà probablement entendu parlé, notamment à propos des tampons portés trop longtemps. Cela a l’air grave, comme pour le mannequin Lauren Wasser qui a perdu sa jambe et on peut même en mourir.

Mais qu’en est-il vraiment ? Cet article a pour objectif de donner des explications complètes et claires sur l’origine et les causes du choc toxique. Focus sur le rapport entre tampon, cup et choc toxique.

Le syndrome du choc toxique, approche biologique

Le syndrome du choc toxique, souvent staphylococcique, est une maladie infectieuse causée par des toxines dont nous parlerons dans un second temps. Ce syndrome n’a en fait pas encore de cause scientifique officiellement établie, en revanche, on en connaît très bien les conséquences. Tout partirait de certaines souches de petites bactéries, naturellement présentes dans notre environnement mais qu’il ne fait pas bon héberger dans son organisme. Ces bactéries sont le staphylocoque dorée, le streptocoque ou encore le Clostridium Difficile. Trois noms bien compliqués pour parler de trois coupables tout désignés.

Concentrons nous ici sur le CTS ou Choc Toxique Staphylococcique, car c’est une souche du staphylocoque dorée qui est impliquée dans l’affaire. Le CTS peut toucher homme comme femme mais environ 50% des cas concernent les menstruations de ces mesdames. Selon les chiffres, en France, environ 4% des femmes seraient naturellement porteuse de la souche incriminée. Ainsi, les potentielles victimes sont de base peu nombreuses. D’autant plus qu’il faut porter la bactérie staphylocoque dorée au niveau vaginal pour être susceptible de développer ce mal, ce qui réduit la proportion des personnes à risques à 1%.

Comment est-ce que le mal se propagerait-il ? En effet, il ne suffit pas d’être porteuse de la bactérie pour développer ce genre de pathologie, il faut qu’une suite d’événements bien précis aient lieu.

Le staphylocoque ainsi hébergé va produire deux toxines. L’une va se charger d’ouvrir la porte à la seconde qui va causer l’inflammation tant redoutée. La première est l’α-toxine staphylococcique, une entérotoxine qui va amorcer une inflammation aux conséquences lourdes. Les tissus constituants de la muqueuse vaginale (épithélium) vont être altérés, augmentant ainsi la perméabilité de la muqueuse à la seconde toxine, la toxine Tsst-1. C’est cette toxine qui va avoir des effets dévastateurs puisqu’elle va provoquer un chimiotactisme négatif sur le cytoplasme des cellules immunitaires.

Pour faire simple, cette toxine repousse physiquement les leucocytes, cellules immunitaire du milieu infecté, empêchant ainsi sa guérison.

On comprend donc simplement que si l’infection n’est pas traitée, les conséquences sur l’organisme seront catastrophiques, on parle alors de choc toxique.

La dangerosité du choc toxique réside dans la difficulté à détecter les symptômes qui ne sont pas suffisamment caractéristiques pour que les médecins établissent un lien direct entre les symptômes et la maladie. Fièvre, maux de tête, éruptions cutanées, fatigues, diarrhées ou vomissements : les premiers symptômes se déclenchent pendant les règles ou quelques jours après. Ils s’apparentent à ceux d’une banale grippe. Certes, même si le choc toxique est une affection rare, si les symptômes persistent, il faut d’urgence consulter un médecin car l’infection est potentiellement mortelle.

Tampon et choc toxique : sont-ils liés ?

Le tampon ultra absorbant est en effet incriminé dans de plus en plus de cas de choc toxique sans informations plus précises. Les questions que nous sommes en droit de nous poser sont les suivantes : comment un tampon ultra absorbant pourrait causer un choc toxique ? Le tampon est-il alors une protection hygiénique dangereuse pour la santé des femmes ?

Pour commencer, rappelons que le choc toxique peut toucher 1% des femmes : celles qui sont porteuses d’une certaine souche de la bactérie staphylocoque doré au niveau vaginal. Par ailleurs, une grande collecte de tampons a été organisée récemment par les hospices civils de Lyon pour trouver précisément le lien entre l’utilisation de tampon et le CTS. Aujourd’hui aucune conclusion officielle n’a encore été tirée, même si les tampons sont très suspects puisque quelques 8 millions de françaises souffrent actuellement d’irritations intimes dues à leur utilisation.

Pour essayer de visualiser comment le tampon pourraient avoir des effets néfastes sur l’organisme féminin, il faut comprendre qu’en plus d’absorber le sang issu des menstruations, le tampon absorbe jusqu’à la quasi totalité des sécrétions vaginales (au delà de 90%). Or ces sécrétions sont censées protéger les muqueuses si fragiles du vagin.

De plus, la plupart des fabricants de tampons refusent de communiquer la composition exacte de leurs produits qui contiennent souvent des substances dénoncées par l’OMS comme irritantes (fibres), toxiques (agents décolorants et blanchissants) voir cancérigènes (dioxines).

Le staphylocoque doré se développe particulièrement dans un tampon, un milieu absorbant dans lequel le sang ne circule plus.

En effet, c’est bien dans ce sang stagnant que la bactérie va se multiplier. De plus, les composés nocifs du tampon absorbant vont irriter les parois du vagin ainsi privé de ses sécrétions protectrices.

Toutes les conditions sont alors réunies :

  • Tampon absorbant = dessèchement du vagin = irritations des parois du vagin = microlésions.
  • Tampon absorbant = stagnation du sang = développement de la bactérie Staphylocoque doré = production de l’entérotoxine alpha-toxine et de la toxine TSST-1.

L’ensemble de ces éléments entraînent le passage de la toxine TSST-1 dans le sang à cause des irritations et de l’entérotoxine, et donc favorisent l’irruption du choc toxique.

Si les tampons n’ont pas encore été officiellement inculpés dans l’affaire du choc toxique, ils sont pointés du doigt par le corps médical depuis les années 80. Tout tend à prouver que le tampon est bel et bien le coupable.

La coupe menstruelle met-elle à l’abris du choc toxique ?

Le staphylocoque doré se développe particulièrement dans un milieu où le sang stagne, ou le sang ne circule plus. A partir de ces informations, on pourrait affirmer que la cup, comme le tampon serait susceptible de profiter à la multiplication de la bactérie. Cependant, la coupe menstruelle dispose de nombreux atouts en comparaison avec le tampon. Consultez la page sur les 5 principaux avantages de la cup.

A l’instar du tampon elle empêche le sang de s’écouler, mais trois de ses caractéristiques la rendent beaucoup plus adaptée à l’intimité de la femme.

  • Son fonctionnement : contrairement au tampon, la cup est étanche, elle n’est pas absorbante et n’altère en aucun cas la couche protectrice qui tapisse l’intérieur du vagin.
  • Sa composition : la coupe menstruelle est totalement biocompatible avec l’organisme, sa composition est saine et toujours communiquée sur l’emballage.
  • Sa surface : elle est régulière, non fibreuse et non irritante.

En bref, utilisée correctement, la coupe menstruelle est beaucoup moins susceptible d’être responsable de choc toxique contrairement au tampon absorbant. La composition de ce dernier et sa rugosité ne sont pas respectueux de la flore vaginale de la femme.

Découvrir comment mettre une cup et bien l’utiliser.

A ce jour, aucun choc toxique n’a été déploré avec l’utilisation de coupe menstruelle, même s’il pourrait également survenir lors d’une mauvaise utilisation de celles-ci.

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